Présentation du livre : "Au début du XXe siècle, le Foyer des travailleuses de Berachah est le dernier espoir des femmes en quête d'une planche de salut. Filles mères, épouses abandonnées, rostituées ou droguées, elles se voient offrir dans cette bâtisse de la ville d'Arlington, Texas, un espace bienveillant pour tenter de se reconstruire. C'est là que se rencontrent Lizzie Bates et Mattie Coreder, en 1903. Entre ces deux jeunes mères abusées, maltraitées et livrées à la misère de la rue, va se nouer une amitié unique.

Un siècle plus tard, du foyer de Berachah, il ne reste rien qu'un champ de pierres tombales moussues, oubliées de tous. C'est en découvrant une mystérieuse inscription sur l'une d'elles que la jeune bibliothécaire, Cate Sutton va entreprendre de remonter le fil de l'histoire. D'extraire du néant les vies de ces "femmes égarées"..." (Extrait du SP)

512 pages - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laura Bourgeois.

Mon avis : Ce deuxième roman de Julie Kliber permet à travers le personnage de Cate, de redonner une existence à ces femmes dites égarées. Meurtries, blessées, abandonnées par une société qui n'a pas su percevoir le drame que vivaient ces femmes, elles ont su se redresser pour venir en aide aux autres.

Lizzie s'est réfugiée avec sa fille Docie dans ce foyer, sa santé fragile et la prostitution, ne lui permettaient plus de survivre. Sauver sa fille devenait sa priorité. Rejetée par sa famille, salie par les hommes, Lizzie reprend vie mais ne quittera jamais le foyer par crainte de l'extérieur et de la rechute. Dans cette maison, elle se sent protégée.

Mattie a plus de caractère même si la mort de Cap, son petit garçon, l'a beaucoup ébranlée. Elle ose enfreindre quelques règles du foyer pour aider celles qui ne veulent pas s'en sortir. Mattie partira pour donner à d'autres ce qu'elle a reçu. Très méfiante des hommes, elle veut croire que certains ne sont pas des monstres.

Julie Kliber offre des récits polyphoniques de ces trois femmes en quête d'une vie meilleure, d'une vérité enfin avouée.

Il ne faut pas s'attacher à une destinée toute tracée, ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'il faut se rabaisser devant les plus puissants qui vous écrasent. Il faut fuir ces parents qui décident pour leurs enfants, surtout pour les filles, au détriment de cette blessure profonde est indélibile.

Ce roman rappelle également la condition de la femme les siècles précédents, et de nous rendre compte que les inégalités, que le manque de respect, le harcèlement, les agressions continuent toujours.

Un roman passionnant à lire !

Julie Kliber, La maison des égarées. Belfond, Le Cercle, 2021. Merci à Claire pour cette belle lecture proposée.

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