Fabienne : Comment est née l'écriture de ce roman ?

Julie Kibler : J'étais sur Facebook il y a plusieurs années quand un ami a publié un article sur "les endroits les plus hantés d'Arlington, Texas". J'ai supposé que je connaissais chacun d'eux pour avoir vécu à Arlington pendant vingt-cinq ans, mais j'ai été surprise d'apprendre que le cimetière de la maison de Berachah était tout en bas de la liste. J'ai rapidement cherché sur internet pour voir ce que je pouvais trouver d'autre. Je me suis rendue au cimetière et aux archives de l'Université du Texas à Arlington, j'ai découvert les histoires de la maison des femmes, je ne pouvais plus me défaire de ce sujet.

Fabienne : Il y a eu de nombreuses recherches et plusieurs réécritures pour ce roman. Quelles phases de travail préférez-vous dans l'écriture ?

Julie Kliber : J'adore la recherche. J'ai toujours été une personne curieuse et j'aime apprendre tout ce que je peux sur un sujet qui attire mon attention. Ensuite, je dois me tourner vers l'écriture avant que l'intrigue et les questions et les problèmes importants ne deviennent clairs. J'aime écrire quand je suis "dans le flux", pour ainsi dire, mais réviser et éditer peut-être épuisant et parfois frustrant. Ce roman a subi plusieurs révisions importantes parce qu'il y avait beaucoup de parties fortes, qu'il était si important de bien faire les choses. J'étais très heureuse de rendre le projet final.

JULIE KIBLER

Julie Kibler /Photo : DR

Fabienne : Les femmes de ce foyer sont dites perdues pour la société alors qu'elles sont humaines et veulent sortir de cette mauvaise vie. Selon vous, pourquoi à cette époque les femmes étaient si peu respectées ?

Julie Kibler : C'est une question qui n'aura jamais de réponse correcte, malheureusement...C'est peut-être parce que les hommes ont généralement été plus grands et plus forts depuis le début, assumant ainsi le rôle de pouvoir. C'est peut-être parce que nos systèmes religieux et sociaux nous ont appris que les femmes sont inférieures et parfois même considérées comme des biens plutôt que comme des êtres égaux. C'est un problème frustrant et récurrent dans de nombreuses régions dans le monde, même aujourd'hui. En particulier à l'époque du roman, mais pas seulement à ce moment-là. Les femmes ont été tenues à des normes différentes de celles des hommes, en particulier dans le domaine de la sexualité. Elles ont été punies plus sévèrement pour des comportements excusés chez les hommes.

Fabienne : Votre personnage, Cate Sutton, effectue des recherches pour connaître ces femmes, c'est une quête, une aide pour elle également. Le présent peut-il guérir le passé ?

Julie Kibler : Oui, cela peut-être le cas. En fait, de nombreuses pièces de ce roman ont évolué à partir d'expérience que j'ai vécu ou dont j'ai été le témoin au fil des ans. Pour moi me souvenir et analyser avec le temps, pouvoir mettre certaines d'entre elles à leur place dans ma propre mémoire. J'espère que mes lecteurs pourront faire de même en lisant ce roman et d'autres.

Fabienne : Comment êtes-vous venue à l'écriture ?

Julie Kibler : J'ai toujours aimé lire et écrire depuis mon enfance. J'ai déménagé plusieurs fois au cours de ces années et il me semblait que mes livres étaient mes amis les plus proches et les plus constants. J'ai obtenu des diplômes en anglais et en journalisme, et, comme Cate, je suis bibliothécaire. Pendant de nombreuses années, j'ai tenté d'écrire un premier roman...et il me semble naturel maintenant d'écrire.

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Le petit mot de Julie : Merci beaucoup pour l'interview et pour avoir encouragé vos lecteurs à jeter un oeil à mon roman. L'écriture est une aventure émotionnelle, et des morceaux de mon coeur sont ancrés dans chaque personnage, dans chaque histoires que je mets sur papier.

Le petit mot de Fabienne : Je remercie Julie Kibler pour sa gentillesse et sa disponibilité, cet échange de questions/réponses a été intéressant. J'aime savoir le pourquoi du comment d'un livre, il ne tiendrait qu'à moi, je poserais une multitude de questions à chaque auteur que je lis. Cet entretien n'aurait pas été possible sans Claire Decore des éditions Belfond, je tenais à la remercier sincérement.

Traduction de l'entretien de l'anglais vers le français : Fabienne.